22 juin 2010

Premier jour

Le trajet de la veille est passé, mais 21h de transport et d’attente ne s’effacent pas en une nuit.
Qu’on se le dise, ce matin j’ai le blues. Je veux rentrer, reprendre une petite vie « normale », retourner auprès de ceux qui me sont chers… Mais il faut continuer, et aujourd’hui nous visitons les installations d’Harv’s Air.



Direction le nord de Winnipeg, vers St Andrews et les premiers vrais paysages du Manitoba : des plaines à perte de vue et des routes s’étirant en ligne droite sur des centaines de kilomètres.
Arrivé à l’aéroport, nous entrons dans l’école. Premier contact réel avec Sandra, celle avec qui je correspondais depuis plusieurs mois à propos de l’école et qui a enregistré mon admission.
Cette dernière est charmante, vraiment, et ça fait plaisir ! Petit tour des installations, quelques questions et nous partons. Ma première impression est très bonne, l’endroit semble calme et convivial, très agréable.

Nous visitons ensuite un peu Winnipeg, mais au détour de la gare nous atterrissons au bureau de l’immigration Canadienne. Et bien tant mieux, puisqu’il faut encore obtenir le droit d’étudier, en complément de mon permis de travail.
Me voilà donc à attendre avec mon numéro de passage que l’un des agents me reçoive. Chose faite après une vingtaine de minutes. J’expose donc mon cas, expliquant qu’il me faut une dérogation afin d’ajouter à mon PVT (Permis Vacance Travail) la possibilité de suivre des cours.
Chose en théorie facile, puisqu’il suffit de demander cela lors de l’arrivé au Canada. Seulement les douaniers à Montréal ont refusé de me l’accorder, et c’est la même chose à Winnipeg. Après avoir bien insisté, on m’accorde une attention un peu plus approfondie, pour finalement me dire que je n’ai qu’une solution : demander un visa d’étudient à l’ambassade du Canada de Vancouver… Soit 3 mois de traitement de dossier !
Il est évident qu’avec mes parents qui retournent en France fin Juillet, je ne peux pas prendre le risque de rester pour rien, d’autant qu’il est très peu probable qu’un visa d’étudiant me soit accordé, puisque ce dernier n’est pas compatible avec mon PVT.
Après plus d’une heure d’attente et de discussion, nous arrivons enfin à quelque chose d’un peu moins fataliste : Une des préposées à l’immigration accepte de demander à une de ses connaissances au bureau d’immigration de Paris de vérifier mon dossier afin de confirmer ou non la nécessité d’une extension de mon PVT. Nous lui laissons donc le numéro de téléphone de notre chambre d’hôtel, il n’y a plus qu’à attendre une réponse, d’ici un ou deux jours…

Entre temps, une fois revenu à l’hôtel nous entamons les démarches nécessaires à la transformation de mon PVT en permis d’étude. Les formulaires sont certes informatisés, les démarches restent néanmoins très lourdes, et l'attente de 20 à 30 jours.

Il est environ 18h lorsque tout cela est « terminé », et je suis à bout de nerfs. Un si beau projet qui se trouve soudain fragilisé au plus haut point, mêlée à une angoisse plus présente que jamais quant à cette nouvelle vie qui m’attends dans le cas d’un dénouement heureux. Bref, ça ne vas pas bien tout !

Nous profitons cependant de la piscine de l’hôtel pour nous détendre un peu, et cela fait du bien. Nous partons ensuite à la chasse au logement. Direction St Johns Avenue pour visiter notre première trouvaille, une petite maison à 385$ par mois.
Cette maison est le cliché même de la maison américaine dans un quartier américain : Petite, étroite et tout en hauteur, au milieu d’autres petites maisons du même style, légèrement en hauteur avec une petite terrasse en bois devant la double porte et son carré de pelouse délimité par une petite clôture. La rue est l’image même de tous les films américains, large et bordée de petits jardins devançant les maisons, très joli !
Le coin est calme et agréable, un vrai coup de cœur, même si ce n’est qu’une première visite.
La proprio est très sympa et l’intérieur très agréable. Si tout va bien avec l’immigration, cette maison proche de plusieurs superettes et à 20 minutes de St Andrews est un choix de premier ordre.

La journée se termine donc sur cette note positive, et mine de rien c’est ce qu’il me fallait, je me sens tout de suite beaucoup mieux.
Nous arpentons ensuite les rues de Winnipeg, le centre, les quartiers résidentiels etc. Pour découvrir une ville très plaisante. La circulation y est fluide, les gens calmes et posés, bref un endroit où il fera bon vivre tout compte fait ;)


Il est à présent 23h30 et je lutte pour terminer ces ligne, peut-être enfin une bonne nuit en perspective.

Départ



« Je suis aujourd’hui plus ou moins au sommet. Commandant de bord sur B747, j’ai un salaire de rêve, mais ça fait toujours mal d’entendre les gens dire que j’ai de la chance. Tout pilote sait à quel point il est difficile d’atteindre ce niveau, que tous les obstacles possibles se mettent en travers du chemin. Je préfère me dire que je l’ai mérité. » Tels furent les mots du commandant de bord de mon vol vers Montréal.

Ainsi aujourd’hui commence mon périple.
Après un réveil vers 8h et quelques préparatifs de dernière minute (RDV pour mon renouvellement de Classe 1 FR en décembre), mon amie vient me chercher pour m’emmener à la gare du Mans. Les au revoir sont brefs mais difficiles… Tout un tas d’émotions se bousculent dans le train, heureusement que le trajet est court !
Arrivé à Montparnasse, je me dirige vers les cars Air France accompagné d’une charmante dame se rendant à Orly Ouest pour Bastia où elle commencera sa retraite.
Etrange sentiment à mi chemin : après plusieurs heures de stress et de nostalgie, je me sens soudain joyeux, heureux de cette nouvelle vie qui m’attend ! Ca fait un bien fou, mais ça ne dure pas bien longtemps. Certaines choses ne veulent pas encore me laisser quitter entièrement la France…
La suite s’enchaine à un rythme agréable, pas trop d’attente, pas de précipitation, je suis rapidement dans l’avion. Ah l’avion ! Grosse surprise du jour. Au lieu de l’A330-200 prévu, la compagnie à affrété un B747-400. Wah, « The Queen of the Sky », une merveille !
Je profite du retard causé par une alerte à la bombe dans le terminal pour aller voir les pilotes avant le décollage. Ces derniers sont très accueillants et partagent leurs expériences, me conseillent. Un plaisir de se retrouver dans l’étroit cockpit du B747.
Vol de 6h42 sans histoire, très agréable même si les sièges sont un peu trop serrés à mon goût.
Arrivée sur Montréal avec donc une trentaine de minutes de retard.
Première frayeur puisque j’apprends que je devrais passer aux douanes et retirer mes bagages avant de réenregistrer et embarquer pour mon vol vers Winnipeg !
L’arrivée est marquée par cette image très américaine du pays : La police nous attend à la sortie de l’avion, 2m après la porte de l’avion dans la passerelle, pour contrôler les visas. La police est présente partout avec leur informe très US qui ne donne pas du tout envie de faire des conneries !
Je me rends donc aux douanes vers 18h30, pour être traité vers 19h et enfin quitter les douanes à 19h35 avec mon permis de travail. Problème, les agents refusent de m’accorder le droit d’étudier, indispensable pour Harv’s Air.


Mon vol est à 20h et je dois toujours récupérer et réenregistrer mes bagages ! Je récupère donc ces derniers et me précipite vers les correspondances. Je n’y vois hélas pas mon vol ! Gros stress, je demande de l’aide à un agent de l’aéroport, qui m’indique l’emplacement de toutes les correspondances : j’y vois enfin mon vol, décalé à 21h40, ouf ! Largement le temps.
Allé, on se calme, tout va bien et j’ai même le temps d’écrire ces lignes :)




Bon, j’ai pris mon temps pour écrire la suite, et pour cause…
Me voici donc dans un Embraer 175 d’Air Canada. Très spacieux, deux rangées de sièges de chaque coté, beaucoup de place pour les jambes et des sièges très larges dans ce petit avion. Je me retrouve tout seul dans ma rangée, parfait !
Le vol est cependant long : 3h10 seulement mais les écouteurs étant payants, pas de film… Je somnole entre deux turbulences, très présentes lors de ce vol de nuit jusqu’à Winnipeg.

Mes parents m’attendent à l’aéroport, car ces derniers sont arrivés depuis plusieurs heures déjà. Avec plus d’une heure de retard, mes parents on eût le temps de s’inquiéter : en effet mon vol n’était affiché nulle part ! Un vol fantôme. Heureusement un employé de l’aéroport leur a confirmé le décollage de mon avion.
Le temps d’une petite collation, et nous voilà l’hôtel. Le coin est assez sordide de nuit, une espèce de motel pour routiers proche de l’aéroport. Ceci dit la chambre est spacieuse et bien équipée, rien à dire à ce niveau là !

La nuit ne sera pas vraiment profitable, puisque je ne parviens pas à trouver un véritable sommeil malgré la fatigue, encore trop de choses qui se bousculent dans ma tête.